
Depuis que j’ai découvert sleevage, le site d’un Australien fan de design, j’ai eu connaissance de nombres d’artistes qui dépassent les limites de la pochette classique et jouent avec les codes. Plus d’interactivité, non pas pour passer le temps, mais par pure démarche artistique, c’est peut-être l’avenir de la musique en support physique : plus seulement du son, mais aussi un concept réfléchi derrière. Aujourd’hui, on a affaire à Bright Eyes, un groupe du genre très prolifique et mené par Connor Oberst (Monster Of Folk, Mystic Valley Band et plein d’autre).
En 2007, sort leur dernier album en date (mais un ultime est prévu pour cet automne), Cassadaga, du nom de la ville de Floride qui abrite une grande communauté de médiums et diverses personnalités psychiques. Le titre n’est pas sans rapport avec la technologie utilisée pour la pochette qui au premier abord, n’est rien d’autre que des traits blancs, noirs ou gris. Mais une fois ouvert, on découvre le « décodeur spectral » qui permet de déchiffrer ce curieux artwork. En déplaçant l’objet sur les différentes parties, des images sont révélées représentant de vieux dessins de l’époque victorienne, en rapport avec la « magie » de ce temps (comète, pyramide…). Et si l’auditeur fouille encore un peu plus, il va découvrir en vrac : un hommage à une ancienne musicienne et des phrases dans différents langages. En fait la volonté de petit O’berst était de continuer le déchiffrage même après avoir trouvé les écrits. On peut donc voir du « est-ce midi ou minuit ? » en français, du russe, de l’anglais ou du portugais (« Virgens doentes de sol ficando frescas no túmulo do faraó » qui se traduit grosso modo par « les vierges fatiguées du soleil restent au frais dans la tombe du pharaon ») et aussi du grec.

À l’origine, le jeune Connor (30 ans à peine cette année) désirait des stéréogrammes 3D, ces images où on doit loucher pour apercevoir un dessin moche en relief, mais pour des raisons techniques, son label et lui ont préféré cette technologie inédite dans le milieu. Et c’est tant mieux.
On note juste qu’il existe une version vinyle plus intéressante vu qu’elle est plus grande.
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